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La Gambie lance un centre de données sur l’éducation afin de mettre à la disposition du public les données relatives à l’éducation
Le ministère de l’Éducation de base et secondaire a regroupé les données éducatives provenant de différentes sources au sein d’un portail public unique basé sur DHIS2, le Centre de données sur l’éducation, et développe actuellement de nouvelles applications sur cette plateforme, notamment un système d’alerte précoce destiné à identifier les élèves exposés au risque de décrochage scolaire.
Le ministère de l’Éducation de base et secondaire (MoBSE) de la Gambie a lancé son Centre de données sur l’éducation, un portail en ligne interactif basé sur DHIS2, accessible à toute personne disposant d’un navigateur. Il regroupe des sources auparavant gérées séparément au sein d’un référentiel unique, offrant ainsi au personnel du ministère un point d’accès unique pour la planification, le suivi et l’établissement de rapports.
Depuis 2014, le ministère publie les données relatives à l’éducation du pays dans son Annuaire statistique, un volumineux document établi à partir de questionnaires recueillis dans les établissements scolaires au mois de novembre et publié au mois de mai de l’année suivante. Cet annuaire constituait la principale source d’informations pour quiconque souhaitait connaître le nombre d’enfants scolarisés, les zones en manque de salles de classe ou encore les disparités régionales en matière de taux de réussite scolaire. Le portail a été créé afin de rendre ces données accessibles plus rapidement, et il sert depuis de base à de nouveaux outils que le ministère développe à partir des données dont il dispose déjà.
Ce portail étant accessible au public, il modifie également le cercle des personnes habilitées à consulter ces données. Les chercheurs, les journalistes, les organisations de la société civile et les chefs d’établissement n’ont plus besoin d’attendre la publication annuelle ni de passer par le ministère pour obtenir des réponses à leurs questions.

En s’appuyant sur un système de données sur l’éducation déjà en place
Le MoBSE a commencé à mettre en œuvre en 2018 un système d’information de gestion de l’éducation (EMIS) basé sur DHIS2, en s’appuyant sur une plateforme que le pays utilisait déjà depuis 2009 comme système national d’information sanitaire. Au cours des années suivantes, le ministère a ajouté des rapports quotidiens sur l’assiduité, des dossiers individuels des apprenants et des tableaux de bord destinés aux équipes de planification régionales.
Ce qui manquait encore au ministère, cependant, c’était un lieu unique où toutes ces informations seraient regroupées. Le recensement scolaire annuel, les rapports d’assiduité et d’autres processus de collecte de données produisaient chacun des informations, mais les combiner impliquait de jongler entre plusieurs systèmes. Le Centre de données sur l’éducation regroupe ces sources au sein d’un référentiel unique, ce qui permet désormais aux responsables de l’éducation d’analyser les tendances en matière d’assiduité en les mettant en regard des résultats scolaires et d’autres variables.
Ce portail vient compléter l’Annuaire statistique — il ne vise pas à se substituer à ce document annuel, que le secrétaire permanent Louis Moses Mendy a qualifié de « pierre angulaire des statistiques sur l’éducation de base ». Ce que le portail apporte de nouveau, c’est l’accès aux données disponibles au cours des 11 mois qui séparent la publication d’un annuaire de celle du suivant.
MoBSE a développé ce portail dans le cadre du projet « Renforcer les capacités des districts et des établissements scolaires grâce aux données » du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE KIX), coordonné par le Centre HISP de l’Université d’Oslo et mis en œuvre en collaboration avec son partenaire local, HISP Afrique de l’Ouest et centrale. Tout au long du projet, le personnel du ministère a échangé avec d’autres pays en charge de la mise-en-œvre de DHIS2 pour l’éducation, en adaptant au contexte gambien les approches développées ailleurs au sein du réseau.

L’accès public modifie le cercle des personnes habilitées à analyser les données
Ce portail a été conçu pour les besoins de planification et de suivi du ministère, mais il est, par nature, accessible au public. Dans sa préface à l’Annuaire statistique 2026, Habibatou Drammeh, ministre de l’Éducation de base et secondaire, a écrit que « les données sont l’étincelle qui déclenche des progrès significatifs », et a appelé les cadres supérieurs, les chefs d’établissement, les partenaires de développement et le public gambien à « se plonger avec enthousiasme dans ces statistiques ».
Un document publié chaque année ne fournit qu’un instantané à un moment donné et limite naturellement le cercle des personnes pouvant accéder aux données, mais un portail public permet à tout chercheur, journaliste, organisation de la société civile ou chef d’établissement d’explorer ces données pour trouver des réponses à leurs questions. Cela modifie également la nature des informations publiées par le ministère : il ne s’agit plus d’un ensemble de conclusions définitives sur le secteur de l’éducation, mais des chiffres sous-jacents eux-mêmes, que chacun peut examiner.
Prochaines étapes pour le portail
Depuis la mise en service du Centre de données sur l’éducation, le ministère a commencé à s’en servir comme base pour des outils allant au-delà de la simple production de rapports, en commandant le développement d’applications supplémentaires s’appuyant sur cette plateforme, notamment un système d’alerte précoce permettant d’identifier les élèves présentant un risque de décrochage scolaire. Des travaux ont également été engagés pour regrouper sur une même plateforme l’évaluation des enseignants et celle des apprenants. Ces deux applications proposées s’appuieront sur les données et l’infrastructure existantes plutôt que de nécessiter de nouveaux systèmes, ce qui contribue à rendre leur mise en œuvre envisageable pour le ministère.
La Gambie est l’un des six pays participant actuellement au projet KIX du GPE, parallèlement à d’autres mises-en-œvre menées ailleurs au sein du réseau DHIS2 for Education. L’expérience gambienne illustre une tendance courante : une fois que les données sur l’éducation sont consolidées et accessibles, les ministères ont tendance à identifier le prochain problème qu’ils souhaitent résoudre. Pour le ministère de l’Éducation et de la Formation (MoBSE), ce problème est actuellement celui de la rétention des apprenants.